On ne peut pas développer ce qu'on ne voit pas : pourquoi la mesure systématique des données de l'hémorragie du post-partum est importante

Le blog de janvier 2026, Prévenir l'hémorragie du post-partum pour chaque femme, quel que soit le lieu d'accouchement.Cette étude a mis en lumière le besoin crucial d'améliorer l'accès aux médicaments pour la prévention de l'hémorragie du post-partum (HPP). L'HPP demeure la principale cause de mortalité maternelle dans le monde, touchant environ 14 millions de femmes chaque année et entraînant près de 70 000 décès maternels. Pourtant, il existe des solutions. Des produits contre l'HPP de qualité garantie sont disponibles. lignes directrices fondées sur des données probantes Des mesures sont en place pour soutenir la prévention, le dépistage et le traitement des hémorragies du post-partum. Cependant, la mise en place et le déploiement à grande échelle de nouveaux protocoles cliniques peuvent s'avérer complexes et souvent longs.
Pour favoriser l'adoption de médicaments et d'approches efficaces en matière de prévention et de traitement de l'hémorragie du post-partum (HPP), il ne suffit pas d'acquérir de nouveaux médicaments et de former le personnel soignant. Il est nécessaire de prendre en compte tous les éléments constitutifs du système de santé, notamment le renforcement des systèmes d'information sanitaire de routine et la mise à disposition des équipes cliniques pour un suivi et une évaluation réguliers des processus et des résultats des soins. Dans un premier temps, cela permet aux professionnels de santé et aux décideurs de constater l'impact des nouvelles interventions sur la vie des femmes ; à terme, cela fournit des informations essentielles sur les progrès accomplis et l'impact de ces interventions. Depuis 2022, le programme financé par Unitaid… Accélérer les progrès mesurables et tirer parti des investissements pour un impact sur l'hémorragie post-partum (AMPLI-PPHI) Ce projet a soutenu les ministères de la Santé et collaboré avec les associations professionnelles nationales et celles des agents de santé pour mettre en œuvre les recommandations de l'OMS concernant l'utilisation de la carbétocine thermostable (HSC) dans la prévention des hémorragies du post-partum (HPP) et introduire le protocole E-MOTIVE pour le dépistage et le traitement précoces des HPP. Ce blog présente les expériences de plusieurs pays ayant participé au projet et démontre l'importance cruciale de systèmes de mesure et d'indicateurs performants pour endiguer la progression des HPP et sauver des vies maternelles.
Pourquoi la mesure est importante
Les preuves montrent L’utilisation régulière et encadrée des données de santé peut renforcer la motivation et favoriser le changement, mais sans soutien ni encouragement, elle peut engendrer des reproches, de la peur et des manipulations de données. Il est crucial de suivre l’efficacité des nouveaux protocoles et interventions au sein des systèmes de santé nationaux. L’évaluation est essentielle pour les professionnels de santé. modifier leurs pratiques et adopter de nouvelles habitudesL’évaluation des nouvelles interventions permet de démontrer leur efficacité, de mesurer l’impact de ces traitements et de justifier le soutien financier des gouvernements et des donateurs. La collecte de ces données est particulièrement cruciale lors de la mise en place de nouveaux traitements.
Améliorer la mesure dans les établissements de santé
Les programmes HSC et E-MOTIVE étant récents, il est nécessaire de définir des méthodes standardisées pour évaluer leur utilisation. Mesurer l'impact est essentiel pour prendre des décisions nationales sur les interventions à prioriser. Lors du lancement d'AMPLI-PPHI en 2022, aucun registre de maternité national ne recensait la prise en charge des hémorragies du post-partum (HPP), notamment les médicaments et traitements utilisés. Les informations disponibles sur la prévention, le dépistage et le traitement des HPP étaient hétérogènes d'un pays à l'autre. Sans ces données cruciales, il était difficile d'évaluer l'efficacité de ces traitements et leur impact.
Afin d'améliorer le suivi systématique des nouvelles interventions, des nouveaux médicaments utilisés et de leurs résultats, les équipes de projet ont mis en place des outils de signalement complémentaires dans les établissements de santé où ces interventions étaient déployées. Par exemple, elles ont modifié les registres des établissements pour consigner l'utilisation de concentrés de sérum physiologique (HSC) plutôt que d'ocytocine lorsque les conditions de conservation au froid étaient imprévisibles. Les outils révisés ont également permis de consigner l'introduction du protocole E-MOTIVE, qui permet de passer d'une estimation des pertes sanguines à une mesure précise et objective à l'aide de champs opératoires calibrés, et de traiter l'hémorragie du post-partum (HPP) selon un protocole d'interventions recommandé par l'OMS, administrées successivement, sans attendre l'efficacité d'une intervention avant d'en ajouter une autre.
L'amélioration des rapports de routine au niveau des établissements a nécessité une collaboration étroite avec les gestionnaires de données des établissements de santé afin de favoriser l'adoption de nouveaux outils de déclaration reliés aux systèmes de données nationaux existants. Des réunions régulières ont été organisées pour examiner les données, identifier les erreurs et les corriger. Progressivement, les professionnels de santé ont gagné en confiance dans la documentation de l'utilisation des médicaments et la charge de travail perçue liée à cette documentation a diminué. Bien que la charge administrative supplémentaire ait initialement été jugée contraignante, les professionnels de santé ont constaté que les mesures régulières ont révélé une baisse des cas d'hémorragie du post-partum (HPP) après l'introduction du système de surveillance des données de santé (HSC), une augmentation de la détection des HPP après l'introduction de champs opératoires calibrés et, grâce aux nouveaux protocoles de traitement, une diminution des transferts et des décès. Globalement, les établissements ont enregistré une réduction significative des cas d'HPP et une diminution des transferts vers des soins de niveau supérieur.
La formation et la supervision continues ont renforcé le processus de documentation. Les établissements utilisent désormais des registres et des inventaires pour assurer le suivi des médicaments et produits contre l'hémorragie du post-partum et prévenir les erreurs. Grâce à ces outils de reporting complémentaires améliorés, les responsables d'établissement ont pu garantir la disponibilité constante de médicaments essentiels tels que l'HSC et l'acide tranexamique, ainsi que de champs opératoires calibrés pour une meilleure détection (éléments du protocole de traitement MOTIVE). Le personnel du projet a constaté que le suivi régulier des performances et la prise de décision à partir des données, associés à un mentorat et une sensibilisation continus, ont renforcé le respect des recommandations, transformant ainsi les données administratives en un puissant levier d'amélioration de la qualité.
Les professionnels de santé en maternité et les responsables d'établissements ayant participé à des entretiens avec des informateurs clés, menés 6 et 15 mois après l'introduction du nouveau protocole et des nouveaux produits pour la prise en charge de l'hémorragie du post-partum (HPP) sur les sites AMPLI-PPHI, ont décrit les avantages d'une meilleure mesure. Au Kenya, les professionnels de santé en maternité ont signalé une baisse significative des cas d'HPP, passant d'« un ou deux cas pour 15 accouchements à un seul cas en six mois ». Ils ont salué l'efficacité du HSC, sa capacité à améliorer les contractions utérines et l'absence de nécessité de réfrigération. Les responsables d'établissements ont constaté comment ces améliorations ont permis d'obtenir de meilleurs résultats de santé pour les mères. L'un d'eux a déclaré : « Les décès maternels dus à l'HPP sont désormais rares, car nous pouvons détecter les saignements précocement et réagir rapidement. » De plus, l'accent mis sur la mesure a responsabilisé davantage chacun. Comme l'a souligné un responsable : « Notre documentation est maintenant plus claire, ce qui permet aux comités d'amélioration de la qualité de suivre les cas plus efficacement. »
Amélioration des mesures de routine au niveau national
Bien que les registres complémentaires et les outils de collecte de données soient précieux lorsqu'ils bénéficient d'un soutien de projet pour leur mise en œuvre, leur gestion à grande échelle s'avère difficile. Les indicateurs des systèmes d'information de gestion sanitaire (SIGS) sont essentiels pour mesurer et évaluer la qualité des soins, appuyer les efforts d'approvisionnement et de financement, et suivre les progrès, notamment pour les nouvelles interventions. Par ailleurs, la mise à jour des indicateurs nationaux a un impact systémique et est chronophage.
Au niveau national, les actions entreprises par AMPLI-PPHI pour intégrer des indicateurs importants ont notamment consisté à collaborer avec le ministère de la Santé afin de promouvoir l’inclusion de nouveaux indicateurs de prévention et de traitement, ainsi que d’outils de mesure des pertes sanguines, dans les registres de maternité et le système de synthèse du SIGS. Les équipes de projet ont impliqué leurs homologues du ministère de la Santé dans la co-création d’outils de collecte de données complémentaires, dans le processus de collecte et d’examen des données, et dans les actions de plaidoyer visant à intégrer ces nouveaux indicateurs au système national de données tout au long de la mise en œuvre du projet.
- Au Kenya, les discussions visant à mettre à jour les indicateurs nationaux et les registres de maternité ont débuté début 2025, avec l'objectif de finaliser les nouveaux indicateurs début 2026.
- En RDC, un atelier national prévu pour 2026 mettra à jour la liste des indicateurs MNH du pays afin d'y inclure les indicateurs PPH – une étape importante vers leur intégration dans le SIGS et les systèmes de données de routine.
- En Inde, les plans provisoires pour 2026 comprennent l'intégration des indicateurs d'HPP dans le programme national d'assurance qualité (LaQshya), ce qui témoigne d'un engagement formel du ministère de la Santé à faire de ces indicateurs la priorité d'une prestation de services de santé maternelle, néonatale et infantile de haute qualité et d'HPP.
- Au Nigéria, le registre des accouchements a été mis à jour pour inclure l'utilisation du HSC et du TXA, suivi d'un processus final d'examen des indicateurs avec les autorités étatiques.
- En Zambie, les efforts de plaidoyer entamés en 2025 ont conduit le ministère de la Santé à accepter d'inclure l'incidence des hémorragies du post-partum dans le système national d'information sanitaire, la production de rapports débutant en 2026. D'autres indicateurs de base de suivi des hémorragies du post-partum devraient être intégrés plus tard dans l'année.
Conclusion
Il est clair que la mise en place de mesures permettant d'évaluer la mise en œuvre et l'efficacité de ces interventions vitales est essentielle à l'amélioration de la santé maternelle dans le monde. Les systèmes d'information sanitaire (SIS) couvrent tous les domaines de la santé et ne peuvent fonctionner isolément. Mesurer l'impact des nouvelles interventions est indispensable à leur déploiement à grande échelle. L'intégration de nouveaux indicateurs dans les systèmes de données courants exige un plaidoyer et une approche systémique, et fournit aux décideurs les données probantes nécessaires pour étendre une intervention vitale.