Bilan de la recherche sur la santé maternelle et néonatale – novembre 2025
Résumé
Le résumé de recherche de ce mois-ci présente de nouvelles données probantes sur : les risques cumulés d'issues néonatales défavorables lorsque la dépression prénatale est associée au diabète ou à l'hypertension ; la variabilité de la mise en œuvre des systèmes MPDSR dans les hôpitaux de référence ougandais ; le potentiel de réduction de la mortalité de l'administration massive d'azithromycine aux nourrissons dans les contextes à forte prévalence au Mali ; les contributions relatives des améliorations des soins maternels, de la baisse de la fécondité et de l'utilisation de contraceptifs à la réduction mondiale de la mortalité maternelle de 2000 à 2023 ; et le consensus mondial sur 26 indicateurs prioritaires pour évaluer la qualité des soins prodigués aux nouveau-nés de petite taille et malades dans les établissements de santé.
1.
Dépression prénatale associée au diabète ou à l'hypertension et risque d'issues néonatales défavorables : revue systématique et méta-analyse
Cette revue systématique et méta-analyse a synthétisé des études observationnelles examinant si la dépression prénatale associée à des comorbidités maternelles (diabète ou hypertension) augmente le risque d'issues néonatales défavorables (par exemple, prématurité, faible poids de naissance, morbidité néonatale). Les données regroupées indiquent que les femmes présentant une dépression associée à des troubles métaboliques ou hypertensifs ont un risque accru d'issues néonatales défavorables, supérieur à celui associé à chacune de ces affections prise isolément. Toutefois, l'ampleur de cet effet varie selon les issues et les études. Les auteurs soulignent la nécessité d'un dépistage et d'une prise en charge intégrés de la santé mentale, parallèlement à la prise en charge des maladies chroniques pendant la grossesse, afin de réduire le risque néonatal. (Novembre 2025)
2.
Une approche pratique pour mesurer la mise en œuvre du MPDSR : résultats d’une évaluation transversale dans des hôpitaux de référence régionaux en Ouganda
Cette évaluation transversale menée en Ouganda a examiné la mise en œuvre des systèmes de surveillance et de prise en charge des décès maternels et périnatals (SSDP) dans les hôpitaux de référence régionaux. L’étude a révélé une grande variabilité quant à l’exhaustivité des analyses de décès, la rapidité de la transmission des informations et la pertinence des recommandations formulées. Les hôpitaux dotés d’un leadership plus affirmé, de ressources dédiées et de réunions d’audit régulières ont obtenu de meilleurs résultats. Les auteurs préconisent la mise en place de cadres de suivi standardisés et un engagement institutionnel renforcé afin de consolider les systèmes SSDP. (Octobre 2025)
3.
Administration massive d'azithromycine aux nourrissons au Mali pour réduire la mortalité
Cet essai contrôlé randomisé mené au Mali a évalué l'effet de l'administration massive d'azithromycine aux nourrissons sur la mortalité globale. L'intervention a entraîné une réduction significative de la mortalité toutes causes confondues par rapport au placebo pendant la période de suivi. Les auteurs suggèrent qu'une administration ciblée d'antibiotiques pourrait être bénéfique dans les contextes de forte mortalité, mais mettent en garde contre la résistance aux antibiotiques et appellent à une surveillance de sécurité à long terme plus poussée. (Octobre 2025)
4.
Effets de l’amélioration des soins maternels, de la baisse de la fécondité et de l’utilisation de la contraception sur la réduction de la mortalité maternelle mondiale entre 2000 et 2023 : résultats d’une analyse de décomposition
Cette analyse de décomposition mondiale a quantifié la contribution de trois facteurs – l’amélioration des soins maternels, la baisse de la fécondité et l’utilisation de la contraception – à la réduction de la mortalité maternelle entre 2000 et 2023. À partir des données de l’OMS et de l’UNFPA, le modèle a estimé que l’amélioration des soins maternels expliquait 46 % des décès évités, la baisse de la fécondité 32 % et l’utilisation de la contraception 22 %. Les contributions relatives les plus importantes ont été observées en Afrique de l’Est et australe et en Asie du Sud. L’étude souligne la nécessité de consolider les acquis grâce à des investissements intégrés dans la santé maternelle et la planification familiale. (Novembre 2025)
5.
Indicateurs prioritaires mondiaux pour mesurer les normes de qualité des soins de l'OMS pour les nouveau-nés de faible poids et/ou malades dans les établissements de santé : élaboration, consultation mondiale et consensus d'experts
Grâce à un processus de consultation et de validation d'experts de type Delphi mené dans 54 pays, l'OMS et ses partenaires ont identifié 26 indicateurs prioritaires pour mesurer les normes de qualité des soins prodigués aux nouveau-nés de faible poids et/ou malades. Ces indicateurs couvrent les domaines des soins cliniques, de l'expérience des soins et de la préparation des établissements, en conciliant comparabilité internationale et faisabilité nationale. Les auteurs soulignent que l'adoption de cet ensemble d'indicateurs standardisés peut améliorer la responsabilisation, l'analyse comparative et l'amélioration de la qualité des soins néonatals à l'échelle mondiale.